Prise de parole : écouter pour mieux parler

Pour bien parler il faut d’abord bien écouter.  Bien parler, c’est-à-dire parler de manière efficace, impactante, pour permettre de se faire comprendre, de faire avancer les dossiers, de prendre des décisions.

Pour arriver à ce résultat, il faut savoir, effectivement, écouter. Écouter pour bien entendre ce que l’auditoire a besoin de savoir, de quoi il est inquiet, ce qu’il attend de la prise de parole de celui qui s’adresse à lui. Écouter pour ne pas « tomber à côté de la plaque », expression qui dit exactement ce que risque souvent l’orateur : raconter autre chose que ce qui est utile, pertinent, nécessaire. Et donc, de ce fait, ne pas capter l’attention de l’auditoire. Et donc, de perdre en crédibilité. De disparaître….

Pour éviter cela, écouter consiste à sortir de sa bulle et à considérer très sérieusement que les autres, ceux qui écoutent, ne sont tout simplement pas « câblés pareils ». Ils sont intrinsèquement différents : ils n’ont pas les mêmes connaissances, ni les mêmes références, ni, souvent, les mêmes intérêts ni les mêmes émotions. Ils ne comprennent pas, non pas parce qu’ils ont un problème de quotient intellectuel – évidement 😊 – mais parce qu’ils sont autres.

Dans le monde du 20ème siècle, l’orateur avait le pouvoir. Au 21ème siècle, c’est l’auditoire qui a pris le pouvoir, celui d’écouter ou pas, de chercher à comprendre ou pas, d’adhérer ou pas. Les technologies de l’information sont pour beaucoup dans ce changement de paradigme. Mais pas seulement. Le rapport à l’autorité a aussi changé et l’autorité de celui qui s’exprime n’est pas perçue de la même manière dans la société d’aujourd’hui. Demandez à n’importe quel prof…

 

Ecouter quoi ?

Alors, pour être écouté soi-même en tant qu’orateur, il faut donc avoir écouté ce qui se dit, ce qui vibre dans l’air du temps, pour pouvoir répondre à ce qui est attendu. Attendu, consciemment ou pas, par l’auditoire.

Attention de ne pas confondre « attendu » et « espéré ». Il ne s’agit pas de faire plaisir, ni de « raser gratis » pour plaire au public d’une manière démagogique. Les attendus sont les questions qui se posent dans telle ou telle situation et dans laquelle celui qui s’exprime, dirigeant, expert, est attendu – justement – pour expliquer comment il gère la situation.

Il y a quelques années, j’ai travaillé avec un dirigeant qui devait annoncer la fermeture d’une de ses usines à ses employés. Lors de sa prise de parole, il était attendu sur le « qu’est-ce qui va se passer et comment cela va se passer… ? » Ses propos, que nous avons construits ensemble, ont répondu à ces questions. À l’issue de sa prise de parole, l’auditoire était, non pas satisfait de l’annonce de la fermeture du site – bien sûr que non –, mais il en avait saisi le sens et compris ce qui allait se passer, pour les collaborateurs et pour le site en lui-même.

 

Ecouter comment ?

Écouter « vraiment », relève de ce qu’on appelle habituellement « l’écoute active ». Or, on évoque souvent à ce propos les sujets de bienveillance, d’empathie et d’authenticité. Pour ma part, en tant qu’ex-journaliste, je considère que l’écoute active consiste avant tout à écouter les mots prononcés, à les prendre au pied de la lettre, sans les interpréter avec des filtres personnels, sans vouloir faire rentrer les propos de l’autre dans sa case à soi, dans des préjugés, dans des présupposés.

C’est très difficile parce qu’on ne peut jamais se débarrasser de ce que l’on est. Mais essayer de le faire, au moins un peu, c’est déjà gagner beaucoup en compréhension de l’autre. Donc il s’agit d’écouter ce qui est dit, dans toute l’ampleur des mots exprimés, énoncés, qui ne sont jamais neutres.

Écouter va aussi de pair avec savoir poser les questions, interrompre – à bon escient – un déroulé pour rebondir sur un mot, un adjectif, quelque chose qui est lâché comme par hasard et qui est, peut-être, porteur de sens. C’est une compétence des journalistes, que parfois on leur reproche, et qui pourtant, bien utilisée, pourrait être utile dans l’entreprise et plus largement dans la vie de tous les jours. On serait peut-être alors moins surpris de découvrir ce que cachent – en talent ou en souffrance – certaines personnes de notre entourage, certains de nos collaborateurs ou partenaires de travail. On serait moins surpris aussi de la marche du monde ; on serait meilleur en anticipation, en adaptation, en transformation.

En résumé : pour parler efficace, il faut enlever ses œillères et trouver la bonne « focale narrative », celle qui correspond aux attendus. La « focale narrative » est l’une des trois clés de la Méthode du Losange nécessaire pour construire une prise de parole impactante.

Alors si, vous aussi, l’articulation entre l’écoute et la parole vous intéresse, si vous voulez en savoir plus sur la Méthode du Losange et sur cette histoire de « focale narrative », vous pouvez prendre contact avec moi ici.

Et pour tous, à bientôt pour la suite !

Sophie

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Le cabinet Sophie Backer Conseil accompagne dirigeants, managers et élus sur leurs prises de parole en public, en visioconférence ou face aux médias : la construction du message, la posture, la voix.
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