Prise de parole : oui au micro, version micro-casque ou cravate

La plupart s’en effrayent – du micro –, quelques-uns en raffolent – oui, il y en a, même ils sont plus rares… Le fait est que l’usage du micro se démocratise parce que la prise de parole se démocratise et revient désormais au plus grand nombre. Participations à des colloques, à des conférences, en grand amphi ou en petit comité, interventions sur des salons, présentations de projections : tout un chacun est amené, par le cours des choses, à prendre la parole un jour ou l’autre, face à un public, qu’il soit modeste en taille ou conséquent, en situation formelle ou moins formelle. Mais, si le micro se démocratise, encore faut-il qu’il serve et qu’il serve correctement…

Or, en tant que membre d’un auditoire, on a tous eu cette expérience malheureuse… La mienne se déroule dans une salle de cinéma parisienne. J’assiste à la présentation, par la réalisatrice, d’un documentaire qui vient de sortir. Pas de micro. Au-delà du cinquième rang, – il y en a trente – personne n’entend… Dommage, ça doit être passionnant.

Donc oui au micro !

Autre expérience vécue récemment : trois orateurs sont face à l’assistance dans une salle d’une petite centaine de places. Ils ont des micros à la main. Mais passées les premières minutes, ils ne pensent plus au micro quand ils tournent la tête. Le micro n’est plus dans l’axe, on ne les entend pas. Encore dommage.

Parfois aussi, le micro est collé au menton parce que, à défaut d’autre chose, on ne sait pas quoi recommander pour que le micro serve correctement. Parfois ça marche mais l’orateur doit penser à son micro en permanence ce qui ne lui permet pas d’entrer dans le récit correctement. Le micro-main bloque l’engagement corporel de l’orateur dans le récit – je vais y revenir plus loin.

À quoi sert le micro ?

À quoi doit servir le micro ? Oui, la question peut paraître absurde mais j’observe trop souvent qu’on n’y répond pas de la bonne manière. Le micro sert à aider l’auditoire à rester en attention. Le micro est fait pour le public, pas pour le confort de l’orateur qui, trop souvent, s’en affranchit en mode : « je peux m’en passer ». Lui oui, mais l’auditoire non, qui ne doit pas avoir à fournir un effort pour entendre correctement, jusqu’au tout dernier rang de la salle. C’est la moindre des politesses à l’égard des personnes qui se sont déplacées pour venir écouter quelqu’un.

On sait que la force d’un propos passe davantage par l’expression non verbale que verbale – c’est la loi dite de Mehrabian à laquelle je me réfère en permanence. Autrement dit, quand on n’entend pas ou mal, on n’écoute pas. Chacun a pu le tester dans la vraie vie, lors d’une conversation téléphonique par exemple : « je te rappelle, la ligne est trop mauvaise » …eh bien oui, on n’a pas envie d’écouter quand c’est difficile d’entendre – sauf sans les situations d’extrême urgence évidemment.

Voilà à quoi sert le micro. En conséquence, il ne sert ni à occuper les mains – « sinon je ne sais pas quoi en faire » me dit-on souvent – ni à se donner une contenance. La gestuelle – l’engagement du corps dans le récit –, et la contenance – la présence face au public –, sont des éléments à travailler sur le fond par les techniques de prise de parole et pas par un accessoire – le micro-main.

D’ailleurs, dans le monde de la prise de parole, cet objet appartient au siècle dernier. Nous, les professionnels, nous recommandons les micros-cravates ou les micros-casques qu’on appelle aussi des micros « Madonna » parce que la star de la pop avait marqué les esprits lors de l’un de ses concerts en 1990 avec l’un des premiers micros-casques. Et il paraît qu’avant elle, dès 1979, Kate Bush, elle aussi…. Bref, le micro tenu à la main est résolument un objet obsolète.

Quand je fais cette recommandation de micro-casque ou cravate aux orateurs, ils me disent que c’est la régie qui les oblige au micro-main et quand je discute avec des techniciens du son, ils me disent que ce sont les orateurs qui leur demandent des micros-main pour les aider dans leur posture d’orateurs. Bref, ça tourne en boucle…

Libérer les mains pour libérer le récit

Au-delà de ces considérations pragmatiques, l’intérêt pour l’orateur d’avoir les mains libres est de pouvoir engager le corporel dans le récit. La prise de parole est un sport complet – je le répète sans cesse – et, sans cette dimension d’engagement, l’impact n’est pas à hauteur des exigences du public. Comme en sport, il faut – choisissez la métaphore qui vous convient – attaquer la balle ou le ballon, attaquer la pente, monter sur le ring… Bref, s’inscrire dans une dimension dynamique et pro-active. Or, mécaniquement, le micro-main bloque l’engagement physique.

Cette dimension d’engagement est d’autant plus attendue aujourd’hui que l’auditoire est saturé de communications. C’est donc ce point que je travaille avec mes champions grâce aux techniques narratives que j’ai rassemblées dans la Méthode du Losange.

Si vous avez envie ou besoin d’en savoir davantage, vous pouvez me joindre ici.

Et sinon, à bientôt pour la suite.

Sophie

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Le cabinet Sophie Backer Conseil accompagne dirigeants, managers et élus sur leurs prises de parole en public, en visioconférence ou face aux médias : la construction du message, la posture, la voix.
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