
Les orateurs c’est comme les sportifs : il y a ceux du dimanche et ceux qui s’entraînent régulièrement. Ceux-là peuvent améliorer leur performance quand c’est nécessaire, quand l’enjeu en vaut la peine. Pour les autres c’est plus difficile…
Qu’est-ce que l’entraînement en prise de parole ? En premier lieu, cela consiste à monter au créneau et…prendre la parole ! Je connais des managers qui ne s’expriment jamais spontanément en réunion et, quand on leur pose une question, il faut leur arracher les mots : on ne les entend pas, ils marmonnent dans leur barbe, ils s’embrouillent. Bref, le résultat peut être désastreux en termes d’image, de crédibilité.
Pour prendre la parole, certains se jettent à l’eau : ils font comme ils sentent et comme ils peuvent. Pour quelques-uns c’est relativement facile : ils sont à l’aise face au public, de type plutôt extraverti. Pour les autres, l’effort est bien plus important. Tous les timides, tous les tétanisés par le regard des autres, tous les pétrifiés par l’enjeu de l’intervention, tous les paralysés par la caméra ou le micro savent à quel point la souffrance peut être grande.
S’entraîner pour devenir efficace
Mais derrière cette question de l’aisance, il y a celle, encore plus cruciale, de l’efficacité. Pour les uns comme pour les autres, une seule question doit compter : quel est l’impact de la prise de parole ? Quelle impression laisse l’orateur sur son public ? Suscite-t-il de l’adhésion ? S’est-il fait comprendre comme il le souhaitait ?
Prendre souvent la parole est déjà une bonne chose. La prendre avec efficacité est encore mieux. En effet, le monde du travail devient exigeant sur la qualité des interventions orales des managers et des dirigeants sans, la plupart du temps, les aider à s’améliorer.
Pourtant des techniques existent. C’est dans cette intention que j’ai créé, il y a bientôt dix ans, la Méthode du Losange. Elle contient des clés, très concrètes, pour construire le récit de manière à impacter positivement l’auditoire.
S’entraîner avec des techniques
Ces clés, il faut les utiliser sinon rien ne se passe, évidemment. C’est là qu’intervient une autre dimension d’entraînement : mettre en application pratique, au quotidien, les techniques pour qu’elles deviennent des réflexes. En effet, comme en tout apprentissage, il convient des désapprendre le geste intuitif, trop limitant et trop incertain, pour acquérir un geste expert. Que se soit pour jouer d’un instrument de musique ou pratiquer un sport, acquérir des techniques permet d’aller plus loin et de sécuriser le résultat. Pour utiliser une métaphore tennistique : grâce à la technique, la balle passe plus sûrement le filet et avec plus de puissance, augmentant ainsi les chances de marquer le point.
Les coachs sportifs le savent bien : leur valeur ajoutée consiste à donner des techniques pour aider à améliorer le geste, faire du retour, encourager, soutenir dans l’effort, puis rendre le sportif autonome pour qu’il puisse continuer de progresser seul ou, à tout le moins, de rester à niveau.
Je travaille de la même manière que le coach sportif en tant que coach de prise de parole : une fois les éléments techniques délivrés à mon « champion », je propose des mises en pratique en l’accompagnant sur la préparation. Ensuite je filme sa prestation puis nous débriefons ensemble la vidéo pour observer le résultat sur la base de critères professionnels de performance. Nous pouvons ainsi mesurer sa progression de séances en séances.
S’entraîner souvent et sur des temps courts
À la fin de chaque séquence de travail, nous convenons ensemble, le « champion » et moi, des exercices d’entraînement qu’il peut pratiquer en solo, d’ici le prochain rendez-vous, en fonction de son agenda et de ses contraintes familiales et professionnelles. Je recommande d’effectuer les exercices sur des temps courts mais fréquemment, à blanc ou dans le cadre professionnel, par exemple en profitant de réunions sans grand enjeu pour se tester.
Aucun sportif digne de ce nom n’attend pas la veille d’un grand match pour s’entraîner ; de la même manière, aucun intervenant conscient des impacts de sa prise de parole ne commence sa préparation au dernier moment. C’est la régularité de la pratique et sa mise en application au quotidien, dans toutes les situations professionnelles, qui assurent la montée en compétence de l’orateur, à la fois sur l’aisance et l’efficacité.
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À bientôt pour la suite,
Sophie