Prise de parole : deux exercices pour devenir un champion à l’oral

L’heure est aux champions. De tous temps nous les célébrons et nous applaudissons aux performances réalisées.

On parle aussi de performances en matière de show, de spectacles, et aussi, de plus en plus, de performances oratoires.

J’aime appeler « champions » les personnes que j’accompagne en tant que coach en prise de parole. Parce qu’à l’instar d’un sport, parler en public demande engagement, concentration et … préparation.

Alors, puisqu’il est toujours bon de se former à de nouvelles compétences,  je vous propose deux exercices pour vous préparer à devenir rapidement des orateurs affirmés et performants.

J’ai conçu ces exercices en observant attentivement les besoins de mes « champions ». Je les ai aussi écoutés me dire leurs freins, leurs blocages, leurs inquiétudes. La première chose qui m’est apparue c’est cet effet de dissociation lors de leurs prises de parole – sans aucune connotation psychanalytique pour le coup. Dissocier au sens strict d’être séparé, de se trouver dans deux endroits en même temps. En l’occurrence : la bouche qui parle d’un côté pendant que, de l’autre, le cerveau réfléchit à ce qu’il va dire ensuite. La première clé de réussite est donc d’arrêter d’être dans le « ensuite ». Pour illustrer : quand on raconte ses vacances, on ne se demande pas ce qu’on va dire ensuite : on est dans son récit, au présent.

L’exercice des « chaussettes »

Pour entraîner cette dimension d’être au présent je propose l’exercice des « chaussettes ». Oui, des chaussettes… Vous connaissez tous cette phrase difficile à dire : « les chaussettes de l’archi-duchesse sont-elles sèches, archi-sèches ? ». Cette phrase ne peut s’énoncer correctement que lorsque notre tête est absolument concentrée sur les mots à prononcer. Sinon, on s’emmêle et la langue fourche.

Pour vous entraîner, énoncez cette phrase à voix haute, d’abord une seule fois puis en enchaînant la même phrase plusieurs fois d’affilée : c’est un excellent moyen d’entraîner ce « raccordement » entre la tête et la bouche, condition absolue pour une prise de parole impactante. Petit « truc » en plus : essayez d’abord en position assise puis mettez-vous debout pour sentir vos appuis dans le sol et prendre conscience à quel point le corps aide à s’embarquer dans le récit. Bien sûr, vous pouvez aussi vous entraîner avec le « chasseur sachant chasser sans son chien » ou tout autre « virelangue » puisque c’est ainsi qu’on appelle ces exercices de prononciation. Amusez-vous bien ! 😊

L’exercice de la machine à café

Une fois que vous êtes bien rodé à cet exercice, vous pouvez passer à celui que je vous propose maintenant. Souvenez-vous qu’il s’agit, une fois encore, de raccorder sa tête à sa bouche. Pour le dire autrement, quand on prend la parole, il faut arrêter de penser à ce que l’on va dire mais plutôt le visualiser. Cette mécanique narrative de visualisation c’est exactement ce qui se passe lorsque vous racontez vos vacances : vous plongez dans la mémoire concrète de ce que vous avez vécu et vos propos vous viennent alors facilement – sans que vous y pensiez. Retenez bien cette dimension concrète : c’est celle-là qu’on va activer.

Pour entraîner ce mécanisme – en neurosciences on appelle cela le « chemin neuronal » – je propose, lors de mes formations et de mes coachings, l’exercice de la « machine à café ». Cela consiste à proposer à mes « champions » de raconter comment ils s’y prennent pour faire le café. Cela les oblige à utiliser des verbes d’action conjugués à la première personne et donc à activer la visualisation. Là aussi, faites l’exercice debout – et bien sûr à voix haute – pour vous permettre d’éprouver l’engagement du corps – gage d’impact….

Ensuite, une fois que le pli est pris et que le cerveau a compris ce que vous lui demandez, il s’agit de transposer cette mécanique narrative à des verbes d’actions professionnelles : par exemple les verbes analyser, comparer, rendre compte, constater, qui sont courant dans le monde de l’entreprise et qui vont donner à vos prises de parole plus de concret donc plus d’impact.

Concret = visuel = impact

Concret = visuel = impact : je vous propose de retenir ce principe de base. En effet, pour se faire comprendre il faut donner à voir. Ne dit-on pas : « je vois ce que vous voulez dire » ? Voir est donc bien un synonyme de comprendre – en anglais aussi d’ailleurs « I see what you mean ».

Ce principe est au cœur de la méthode de construction narrative que j’ai créée – la Méthode du Losange. Dans mon précédent métier de journaliste, je m’étais rendu compte que j’attendais des personnes que j’interviewais qu’elles soient concrètes et qu’elles répondent à la question « comment ? » : comment vous faites (pour gérer la situation) ? Comment vous allez faire ( si vous êtes élu) ? J’avais redécouvert – sans le savoir – la puissance du Speech Act du linguiste anglais John Austin – en français : le langage d’actes. C’est ce qui est utilisé en communication de crise – quand il faut absolument se faire comprendre vite et bien. Et, de mon point de vue, c’est à utiliser en toute situation dès lors qu’on a besoin d’émerger du brouhaha ambiant.

Si, vous aussi, vous voulez émerger du brouhaha et vous faire comprendre vite et bien, vous pouvez me contacter ici pour que nous en parlions.

À très vite pour la suite,

Sophie

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Le cabinet Sophie Backer Conseil accompagne dirigeants, managers et élus sur leurs prises de parole en public, en visioconférence ou face aux médias : la construction du message, la posture, la voix.
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