
Le paysage communicationnel est pris dans un mouvement étourdissant. Chaque année – chaque mois – des nouveaux outils technologiques arrivent, propulsant les pratiques narratives de futurs en futurs, comme des bonds dans le temps digne des meilleurs films de science-fiction. Les bons vieux textos sont dépassés par les messageries audio – RCS, WhatsApp -, le média social Facebook fait figure de dinosaure face à TikTok et Snapchat, et X – anciennement Twitter – est concurrencé par Threads.
YouTube, le média des vidéos reste dans la course tout en évoluant et promouvant les shorts, ces vidéos de quelques secondes à peine.
Tout va dans le sens du plus court, du plus visuel et du plus « audio ». Dans ce nouveau monde, l’écrit est détrôné par l’image et le son. Le vieux dicton « les paroles s’en vont, les écrits restent » a vécu. Aujourd’hui ce sont les paroles qui restent : les outils technologiques permettent de capter une parole, une phrase, une expression faciale et de les « poster » pour les rendre virales. On partage, on « like » on « push » on « twitte » et « re-twitte »…
Dans un monde à la bande passante saturée, l’auditoire devient aussi beaucoup plus exigeant, ne dirigeant son attention que vers ce qui capte son attention en quelques secondes, voire même en une seule image. On parle désormais de « l’économie de l’attention », « économie » au sens plein et entier de rentabilité et de profitabilité.
Le paradoxe de notre société communicationnelle
Dans le même temps, comme si rien de tout cela n’existait, comme si tout cela appartenait à un autre monde, à une autre société, à d’autres gens, la prise de parole reste une compétence ignorée, voire méprisée, dans la plupart des cercles professionnels, qu’ils soient économiques ou politiques.
Je constate, de là où je me situe en tant que coach en prise de parole, que la nécessaire professionnalisation de la prise de parole est une notion qui échappe au plus grand nombre, y compris à des dirigeants et des managers de haut niveau, et, de ce fait, en situation de forte responsabilité.
Le bull-shit language fait des ravages – en français on peut dire « bla bla bla » mais c’est encore trop gentil. Combien de nouveaux ministres impréparés à prendre la parole face aux médias ? Combien de dirigeants incapables d’aller défendre leurs positions sur un plateau de télévision, laissant le soin à leurs collaborateurs de s’y « coller » et d’endosser, ce faisant, les risques ? Combien de vidéos d’entreprise indigentes, ruinant l’image de l’entité, de l’équipe, du manager ?
Et, dans le quotidien du travail, combien de réunions beaucoup trop longues et ennuyeuses parce que ceux qui s’y expriment sont trop longs et ennuyeux ? Combien de présentations avec slides où personne n’écoute. Qui pourtant sont réinscrites à l’agenda. Et personne ne bouge !
Du nouveau partout
Ce qui est nouveau, et que j’observe de ma place, c’est la hantise grandissante de certains d’être découverts comme mauvais orateurs. Ils mettent en place d’épuisantes stratégies d’évitement et quand, finalement, ils viennent me chercher pour un coaching de prise de prise de parole ils me demandent de ne pas l’ébruiter.
Ce qui est nouveau aussi, c’est le bonus aux entreprises qui savent communiquer avec impact positif. Idem pour les orateurs efficaces, ceux qui savent être courts, clairs et concrets. Ceux-là bénéficient d’une bonne longueur d’avance lors des entretiens de recrutement et face à des jurys de concours. Demain, ceux qui se seront laissé distancer seront d’office disqualifiés. Avis à tous ceux qui disent encore de leurs interlocuteurs : « ils n’ont qu’à m’écouter, ils comprendront ! ».
Ce qui est nouveau, enfin, c’est la notion d’intelligence verbale, différente des intelligences relationnelle ou émotionnelle. Avoir la conscience de ce qui franchit nos lèvres et de la manière dont nos propos peuvent être perçus par nos interlocuteurs, se poser la question de ce qui émane de soi lorsqu’on s’exprime, s’astreindre à amener son récit autrement pour qu’il soit entendable et acceptable : voilà autant de composantes de l’intelligence verbale.
Dans ce nouveau monde communicationnel en changement permanent, mon métier de coach et formatrice en prise de parole change. J’accompagne ces changements par des approches pédagogiques sans cesse revisitées et par la conception de nouveaux modules de formation. J’adapte mes coachings aux besoins, attentes et disponibilités de mes « champions » avec toujours, pour socle pédagogique, la Méthode du Losange. Autant d’éléments que vous pouvez retrouver sur mon site web qui est, lui aussi, nouveau.
Bonne lecture et à bientôt,
Sophie