Prise de parole : en été, faites des gammes !

Définition de « faire des gammes » : apprendre un métier, une technique, en commençant par les rudiments.

C’est du monde de la musique, en particulier du piano, que vient l’expression « faire des gammes ». Puis les sportifs s‘en sont saisis, notamment en course à pied où les « gammes », ces exercices répétitifs, permettent d’améliorer les performances.

Faire des gammes, c’est gagner en agilité et développer de nouvelles aptitudes.

Faire des gammes, c’est aussi prendre conscience de la manière dont le corps fonctionne, dont les gestes se font et de ce qu’ils produisent comme résultat. Au piano, comme sur la piste d’athlétisme et comme… en prise de parole.

De fait, dans ma pratique professionnelle de coach en prise de parole je constate au quotidien sur mes champions la déconnexion entre la tête – les idées – et la bouche. Comme si la prise de parole n’engageait que le cerveau, que l’intellect.

Souvent, ils sont tout étonnés de s’entendre dire – à la réécoute des enregistrements des exercices que j’ai proposés – : « Je ne pensais pas avoir dit cela… », « je ne pensais pas avoir ce ton-là… » remarquent-ils, surpris, déçus.

« Je ne pensais pas qu’on me comprenne si mal » ajoute l’un d’entre eux qui précise : « je ne comprends pas moi-même ce que j’ai dit tant ma bouche retient mes mots, tant mes fins de phrases sont inaudibles… ».

Faire des gammes : s’entraîner à voix haute

Ma première recommandation d’entraînement est donc de parler à voix haute. « Exprimer » c’est « faire sortir » : il faut donc bien que les mots sortent, qu’ils franchissent les lèvres et qu’ils arrivent jusqu’aux oreilles de ceux qui écoutent.

Pour cela vous pouvez commencer par vous entraîner à lire à voix haute. Prenez un journal ou n’importe quel texte court. Pesez bien chaque mot ; énoncez-les clairement. Faites sortir votre voix. Articulez et prononcez chaque mot, en conscience, et jusqu’au bout de chaque phrase.

Dans un deuxième temps, quand votre bouche est bien rôdée à énoncer et faire sortir les mots, je vous recommande de laisser tomber l’écrit et de travailler l’impulsion, sans pense-bête, sans notes. Racontez à voix haute un épisode de votre vie quotidienne. Faites des phrases courtes et mettez des verbes d’action plutôt que des émotions et des commentaires. Mettez-vous debout, vous gagnerez ainsi en dynamique narrative. Vous sentirez, au bout d’un moment, que les mots vous aident à trouver l’énergie narrative. Vous sentirez aussi, peu à peu, l’engagement de tout votre corps dans le récit.

C’est ainsi que vous gagnerez en impact quand il s’agira de prendre la parole face à des publics nombreux ou exigeants, dans des situations à fort enjeux, qu’elles soient professionnelles, politiques ou associatives.

Troisième recommandation : enregistrez-vous avec l’enregistreur vocal de votre mobile. L’audio suffit largement à vérifier, à la réécoute, que votre voix sort, que vos propos sont clairs, que vos phrases sont courtes, que l’ensemble de votre récit est dynamique. Et donc accrocheur…

Vous saurez ainsi ce qui émane de vous et vous saurez aussi quoi corriger : peut-être ralentir le débit, peut-être mieux prononcer, peut-être faire moins de digressions….

            Faire des gammes : quelle dose, quelle fréquence ?

La réponse à cette question est : « un peu et souvent » – comme un sportif qui voudrait renforcer sa gaine abdominale ou ses muscles des bras…

Quand vous vous trouvez au travail, demandez-vous à quel moment de votre journée vous pouvez vous extraire de vos occupations, vous mettre à l’écart du collectif et énoncer à voix haute quelques phrases pour vous entendre dire. Pour faire résonner votre voix. Quelques minutes d’entraînement, au moins une fois par jour, suffisent à commencer à gagner en assurance vocale.

Si vous travaillez en visioconférence, branchez discrètement l’enregistreur vocal, laissez-le tourner pendant la réunion puis réécoutez le démarrage de votre intervention sur une trentaine de secondes, puis encore trente secondes à deux ou trois autres moments, au hasard. Tirez-en les enseignements qui vous paraissent pertinents et essayez de « faire mieux » la prochaine fois.

En vacances, essayez de faire un jeu de cet exercice d’expression orale. Puisque vous allez lire – bien sûr… –, lisez pendant quelques minutes à voix haute, debout, pour chercher l’engagement du corps, pour faire sortir la voix. Puis entraînez-vous, toujours debout et à voix haute, à raconter un épisode de votre journée à vos amis ou famille. Faites résonner vos mots, quitte à aller dans l’emphase : dans la vraie vie, vous serez toujours en deçà.

La voix est l’organe de la parole : rôdez-la, découvrez-la, jouez-en, elle est votre meilleur atout !

Et si vous éprouvez le besoin de vous professionnaliser sur cette compétence de la prise de parole, vous pouvez me joindre ici pour que nous échangions sur votre situation particulière.

Bel été à chacune et chacun !

Sophie

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